Situation actuelle
Les droits de mutation à titre gratuit sont perçus en tenant compte de la situation
personnelle du redevable et des liens de parenté qu’il a avec le défunt ou le donateur.
Ils sont calculés selon un taux proportionnel ou progressif appliqué sur la part nette
revenant à chaque ayant droit après application d'un abattement.
L'abattement en faveur des enfants est fixé à 50 000 € et celui applicable au conjoint
survivant à 76 000 €. En outre, la loi de finances pour 2005 a institué pour les
successions un abattement global de 50 000 € sur l'actif net transmis aux héritiers en
ligne directe ou au conjoint survivant.
Quant aux partenaires liés par un pacte civil de solidarité (PACS), ils bénéficient d'un
abattement de 57 000 €.
En outre, la loi de finances pour 2006 a instauré un abattement de 5 000 € pour les
successions et les donations entre frères et soeurs et pour les donations consenties au
profit des neveux et nièces et des arrière-petits-enfants.
Par ailleurs, les gains de levée d’options réalisés dans le cadre du dispositif des options
de souscription ou d’achat d’actions (« stock-options »), qui permet aux sociétés d’offrir à leurs salariés ou mandataires sociaux la possibilité de souscrire ou d’acheter leurs
actions à des conditions avantageuses, ne sont imposables qu’en cas de cession à titre
onéreux des actions correspondantes mais pas en cas de donation.
Situation nouvelle
Afin d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages tout en privilégiant la croissance, la
plupart des Français doivent pouvoir transmettre le fruit de toute une vie de travail et
d’économies en franchise de droits. Pour y parvenir, les aménagements suivants ont
été adoptés.
1. Supprimer les droits de successions entre époux, entre partenaires liés par un
PACS et pour les frères et sœurs vivant ensemble
Pour mettre un terme à une situation souvent ressentie comme injuste, les droits de succession au profit du conjoint survivant, du partenaire lié au
défunt par un PACS et des frères et sœurs résidant sous le même toit sont supprimés.
2. Traiter à égalité le conjoint et le partenaire lié par un PACS
Les partenaires liés par un PACS et le conjoint sont mis sur un pied d’égalité au
regard des droits de mutation à titre gratuit.
Ainsi, les personnes liées par un PACS bénéficient désormais du même abattement
pour donation que celui réservé aux conjoints mariés, ce qui porte de 57 000 € à 76 000 € l’abattement concerné.
En outre, le même tarif est appliqué pour les donations entre époux et entre
partenaires liés par un PACS.
Tarifs des droits applicables :
entre époux
(Situation actuelle) |
entre partenaires liés
par
un
pacte civil de solidarité
(Situation actuelle) |
entre époux et entre partenaires
liés par un pacte civil de
solidarité
(Situation nouvelle) |
Fraction de part
nette taxable
(en €) |
Tarif
applicable
(en %) |
Fraction de
part nette
taxable (en €) |
Tarif applicable
(en %) |
Fraction de part
nette taxable (en €) |
Tarif
applicable
(en %) |
N’excédant pas
7 600 |
5 |
N’excédant pas
15 000 |
40 |
N’excédant pas
7 600 |
5 |
Comprise entre
7 600 et 15 000 |
10 |
Comprise entre
7 600 et 15 000 |
10 |
Comprise entre
15 000 et 30 000 |
15 |
Au-delà de
15 000 |
50 |
Comprise entre
15 000 et 30 000 |
15 |
Comprise entre
30 000 et 520 000 |
20 |
Comprise entre
30 000 et 520 000 |
20 |
Comprise entre
520 000 et 850 000 |
30 |
Comprise entre
520 000 et 850 000 |
30 |
Comprise entre
850 000 et
1 700 000 |
35 |
Comprise entre
850 000 et
1 700 000 |
35 |
Au-delà de
1 700 000 |
40 |
Au-delà de
1 700 000 |
40 |
3. Alléger les droits de succession et de donation en faveur des ascendants, des enfants ou des personnes handicapées
L’abattement global successoral de 50 000 € est supprimé. Corrélativement,
l’abattement personnel en cas de donation et de succession est fortement relevé de 50 000 € à 150 000 €.
4. Alléger les droits de successions et de donations entre frères et soeurs
L’abattement en faveur des transmissions à titre gratuit entre frères et soeurs passe de 5 000 € à 15 000 €.
5. Alléger les droits de successions en faveur des neveux et nièces
Les successions recueillies par les neveux et nièces bénéficient désormais d’un
abattement de 7 500 €, comme tel est déjà le cas pour les donations.
6. Actualiser les tarifs et abattements applicables aux droits de mutation à titre gratuit.
Les tarifs et abattements applicables aux droits de mutation à titre gratuit sont actualisés au 1er janvier de chaque année selon les mêmes modalités que l’impôt sur le revenu.
7. Créer une exonération des dons de sommes d’argent au profit d’un enfant,
d’un petit-enfant, d’un arrière-petit-enfant ou à défaut d’une telle descendance,
d’un neveu ou nièce
Les dons de sommes d'argent consentis en pleine propriété au profit d’un enfant, un
petit-enfant, un arrière-petit-enfant ou, à défaut d'une telle descendance, d’un neveu ou
d’une nièce, sont exonérés de droits de mutation à titre gratuit dans la limite
de 30 000 €.
Cette exonération, qui se cumule avec les abattements existants en faveur des enfants
(150 000 €), petits-enfants (30 000 €), arrière-petits-enfants (5 000 €) et neveux et
nièces (7 500 €), est subordonnée au respect des conditions suivantes :
– le donateur doit être âgé de moins de soixante cinq ans au jour de la
transmission ;
– le bénéficiaire du don doit être soit émancipé, soit âgé de dix-huit ans révolus au jour de
la transmission.
Le plafond de 30 000 € est applicable aux donations consenties par un même
donateur à un même donataire.
Ces dons de sommes d’argent doivent être déclarés ou enregistrés au
service des impôts du lieu du domicile du bénéficiaire dans le délai d’un mois qui
suit la date du don. Ils ne sont pas rapportables à la succession.
Ces sept mesures s’appliquent aux successions ouvertes et aux donations consenties à compter de la date de publication de la loi soit le 22 août 2007 et permettent d’exonérer 95 % des héritiersà l’intérieur du cercle familial (conjoints et héritiers en ligne directe).
8. Imposition des gains de levée d’options en cas de donation des titres
correspondants
En cohérence avec leur nature salariale, et afin d’éviter que l’augmentation des
abattements personnels applicables aux transmissions à titre gratuit en ligne directe
prévue par le projet de loi ne conduise à leur plus large détaxation, les gains de levée d’options en cas de donation comme en cas de cessionà titre onéreux, sont imposables à l’instar au demeurant du régime applicable aux attributions d’actions
gratuites.
Cette mesure s’applique aux options sur titres attribuées à compter du 20 juin 2007.
Réforme des droits de mutation à titre gratuit
Cas types
Exemple 1 :
M et Mme X sont mariés sous le régime de la communauté légale, ils ont deux enfants
et sont propriétaires d’un seul bien commun, un immeuble à Paris estimé à 800 000 €.
M. X décède, l’actif successoral est de 400 000 €.
Mme X choisit de bénéficier du quart des biens de la succession en pleine propriété, soit
100 000 €. Le surplus revient aux deux enfants, soit 150 000 € par enfant.
Liquidation des droits de succession.
| |
Conjoint survivant |
Enfant 1 |
Enfant 2 |
Situation
actuelle |
Situation
nouvelle |
Situation
actuelle |
Situation
nouvelle |
Situation
actuelle |
Situation
nouvelle |
Base
d’imposition |
100 000 € |
100 000 € |
150 000 € |
150 000 € |
150 000 € |
150 000 € |
Abattement
personnel |
76 000 € |
|
50 000 € |
150 000 € |
50 000 € |
150 000 € |
Abattement
global de
50 000 € (1) |
12 500 € |
|
18 750 € |
|
18 750 € |
|
| Part taxable |
11 500 € |
0 |
81 250 € |
0 |
81 250 € |
0 |
| Droit dus |
770 € |
0 |
14 550 € |
0 |
14 550 € |
0 |
(1) Cet abattement s’applique sur l’actif de succession reçu par les enfants et le conjoint survivant. Il est
réparti entre les cohéritiers au prorata de leurs droits successoraux.
La suppression des droits de succession au profit du conjoint survivant permet une économie d’impôt de 770 €.
Le relèvement de l’abattement de 50 000 € à 150 000 € et la suppression de l’abattement
global permettent une économie d’impôt de 14 550 € par enfant.
L’économie d’impôt résultant de la réforme des droits de mutation à titre gratuit
s’élève à 29 870 €.
Exemple 2 :
M et Mme X sont mariés sous le régime de la communauté légale, ont deux enfants et
sont propriétaires d’un seul bien commun, un immeuble estimé à 1 500 000 €.
M. X décède, l’actif successoral est de 750 000 €.
La totalité de l’actif successoral revient en usufruit au conjoint survivant, âgé de 65 ans,
(40 % de la valeur de la pleine propriété) : 300 000 €
Chacun des enfants recueille la nue-propriété de la succession, soit 225 000 €
Liquidation des droits de succession.
| |
Conjoint survivant |
Enfant 1 |
Enfant 2 |
Situation
actuelle |
Situation
nouvelle |
Situation
actuelle |
Situation
nouvelle |
Situation
actuelle |
Situation
nouvelle |
Base
d’imposition |
300 000 € |
300 000 € |
225 000 € |
225 000 € |
225 000 € |
225 000 € |
Abattement
personnel |
76 000 € |
|
50 000 € |
150 000 € |
50 000 € |
150 000 € |
Abattement
global de
50 000 € (1) |
20 000 € |
|
15 000 € |
|
15 000 € |
|
| Part taxable |
204 000 € |
0 |
160 000 € |
75 000 € |
160 000 € |
75 000 € |
| Droit dus |
38 170 € |
0 |
30 300 € |
13 300 € |
30 300 € |
13 300 € |
La suppression des droits de succession au profit du conjoint survivant permet une économie d’impôt de 38 170 €.
Le relèvement de l’abattement de 50 000 € à 150 000 € et la suppression de l’abattement
global permettent une économie d’impôt de 17 000 € par enfant.
L’économie d’impôt résultant de la réforme des droits de mutation à titre gratuit
s’élève à 72 170 €. |