ÉCONOMIE INDUSTRIE
Un secteur à la croisée des chemins
Ouverture à la concurrence des télécommunications
Article de la sous-direction de la Réglementation des télécom-munications, DiGITIP.
Entièrement ouvert à la concurrence depuis le 1er janvier 1998, le marché
français des services de télécommunications se développe dans le cadre dune
régulation forte dont lobjectif principal est de permettre le développement effectif de
la concurrence tout en préservant un haut niveau de service public et de protection du
consommateur. Bien que la concurrence reste très inégale selon les segments de marché,
le bilan qui peut être tiré de quatre années de concurrence apparaît largement
positif. Le développement de la concurrence et les transformations du secteur ouvrent de
nouvelles perspectives pour laction des pouvoirs publics.
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Le cadre de développement du marché : la régulation
Le secteur des services de télécommunications est lun des plus importants de
léconomie française à plusieurs titres :
- sa taille : il représente en effet un chiffre daffaires de lordre de 30 Md€
(196,79 MdF) en 2000 et emploie environ 180 000 personnes ;
- sa croissance : le marché des services de télécommunications connaît depuis
plusieurs années une croissance très supérieure à celle du reste de léconomie ;
- son caractère structurant : les réseaux de télécommunications font partie des
infrastructures essentielles, la qualité des services mis à la disposition des
utilisateurs a donc des retombées sur lensemble de léconomie ;
- son impact social : ne pas avoir le téléphone est aujourdhui une marque et un facteur
dexclusion. Dans un autre registre, chacun peut constater les répercussions du
développement de la téléphonie mobile sur la vie sociale.
Lévolution du secteur résulte aujourdhui principalement des décisions des acteurs
économiques (offreurs et utilisateurs). Toutefois, celles-ci sinscrivent dans un cadre
réglementaire fixé par les pouvoirs publics dont il est utile de rappeler les contours.
Louverture à la concurrence du secteur des télécommunications sest accompagnée de
la mise en place dune réglementation spécifique qui fournit le cadre de la régulation
du marché. En effet, compte tenu des caractéristiques propres du secteur (forte
intensité capitalistique, externalités de réseau, etc.) et de la position très
dominante de France Télécom en phase initiale douverture du marché, la concurrence ne
pouvait se développer sans une intervention forte des pouvoirs publics.
Le cadre de la régulation a été défini par la loi n° 96-659 du 26 juillet 1996 de
réglementation des télécommunications. Ses principes sont les suivants :
- harmonisation européenne : lessentiel du cadre réglementaire est aujourdhui
dorigine communautaire ;
- libre exercice des activités de télécommunications, dans le cadre des procédures
dautorisation et de déclaration prévues par le code des postes et télécommunications
;
- indépendance des fonctions de régulation et dexploitation de réseaux de
télécommunications et de fourniture de services de télécommunications ;
- asymétrie : des obligations spécifiques portent sur les opérateurs considérés comme
exerçant une influence significative sur certains marchés ;
- haut niveau de service public et de protection du consommateur.
| Les objectifs de la régulation |
| Larticle L. 32-1 du code des postes et télécommunications charge le ministre
chargé des télécommunications et lAutorité de régulation des télécommunications de
veiller " dans le cadre de leurs compétences respectives : 1 - À la fourniture et au financement de lensemble des composantes du service public des télécommunications ; 2 - À lexercice au bénéfice des utilisateurs dune concurrence effective et loyale entre les exploitants de réseau et les fournisseurs de services de télécommunications ; 3 - Au développement de lemploi, de linnovation et de la compétitivité dans le secteur des télécommunications ; 4 - À la définition de conditions daccès aux réseaux ouverts au public et dinterconnexion de ces réseaux qui garantissent la possibilité pour tous les utilisateurs de communiquer librement et légalité des conditions de la concurrence ; 5 - Au respect par les opérateurs de télécommunications du secret des correspondances et du principe de neutralité au regard du contenu des messages transmis ; 6 - Au respect, par les exploitants de réseau et les fournisseurs de services de télécommunications, des obligations de défense et de sécurité publique ; 7 - À la prise en compte de lintérêt des territoires et des utilisateurs dans laccès aux services et aux équipements ; 8 - Au développement de lutilisation partagée entre opérateurs des installations mentionnées aux articles L. 47 et L. 48 [installations établies par les opérateurs dans le cadre des droits de passage et servitudes dont ils bénéficient] ". |
La régulation du marché des télécommunications est assurée conjointement par le
secrétaire dÉtat à lIndustrie et par lAutorité de régulation des
télécommunications. LAgence nationale des fréquences, bien quelle ne soit pas, au
sens strict, une autorité de régulation, joue également un rôle important dans
lévolution du secteur.
Le secrétaire dÉtat à
lIndustrie
La loi de réglementation des télécommunications attribue au secrétaire dÉtat à
lIndustrie les domaines dintervention suivants :
- la réglementation du secteur : la préparation des projets de loi et de décrets, en
liaison pour ce qui est du service public des télécommunications avec la Commission
supérieure du service public des postes et télécommunications (CSSPPT) ;
- la délivrance des autorisations dopérateurs (autorisations relatives à
létablissement et à lexploitation des réseaux ouverts au public et à la fourniture
du service téléphonique au public) ;
- lapprobation de certains tarifs de France Télécom (ceux du service universel et des
services pour lesquels il nexiste pas de concurrents sur le marché) et la fixation
dobjectifs tarifaires pluriannuels pour le service universel ;
- lapprobation des évaluations du coût des obligations de service universel et des
contributions des opérateurs au fonds de service universel ;
- la représentation de la position française dans les négociations internationales et
au sein de lUnion européenne ainsi que la coopération bilatérale et lappui aux
projets français à létranger (voir encadré ci-dessous).
| Le service public des télécommunications |
| La loi du 26 juillet 1996 de réglementation des télécommunications a défini de
façon précise le service public des télécommunications. Celui-ci a trois composantes :
- le service universel : il doit être fourni sur lensemble du territoire à un tarif abordable. Il comprend un service téléphonique, un service de renseignements et un annuaire dabonnés, sous formes imprimée et électronique, la desserte du territoire national en cabines téléphoniques installées sur le domaine public et loffre de "tarifs sociaux". Le coût net des obligations de service universel est compensé par un fonds de service universel alimenté par lensemble des opérateurs ; - les services obligatoires : ces services doivent être fournis sur lensemble du territoire mais leur fourniture, qui peut seffectuer dans des conditions de marché, ne donne pas lieu à compensation par le fonds de service universel. Ils sont au nombre de cinq : accès au réseau numérique à intégration de services, liaisons louées, commutation de données par paquets, services avancés de téléphonie vocale, service télex ; - les missions dintérêt général : ces missions recouvrent les obligations en matière de défense et de sécurité publique assurées par tous les opérateurs, et la recherche publique et lenseignement supérieur dans le domaine des télécommunications assurés par lÉtat. France Télécom est tenue de fournir le service universel et les services obligatoires. Loffre de "tarifs sociaux" peut également être assurée par dautres opérateurs. |
LAutorité de
régulation des télécommunications
LAutorité de régulation des télécommunications (ART), autorité administrative
créée en janvier 1997, dispose de pouvoirs de régulation importants. Ses attributions
comprennent :
- linstruction, pour le compte du secrétaire dÉtat à lIndustrie, des demandes
dautorisation relatives à létablissement et à lexploitation des réseaux ouverts au
public et à la fourniture du service téléphonique au public ;
- lattribution des autorisations détablissement des réseaux indépendants et la
définition des conditions dutilisation des réseaux et installations établis librement
;
- lévaluation du coût des obligations de service universel et des contributions des
opérateurs au fonds de service universel ;
- le règlement des litiges entre opérateurs dans le domaine de linterconnexion et du
partage des infrastructures ;
- lapprobation des catalogues dinterconnexion ;
- lattribution des ressources en fréquences et en numéros aux utilisateurs et aux
opérateurs. À ce titre, lART est notamment chargée de la gestion du plan national de
numérotation ;
- le contrôle du respect par les opérateurs de leurs obligations, pour lequel lART
dispose dun pouvoir de sanction.
LART émet également un avis sur les tarifs du service universel et des services pour
lesquels il nexiste pas de concurrents sur le marché. Par ailleurs, elle est consultée
sur les projets de loi et de règlements relatifs au secteur des télécommunications et
peut participer, à la demande du ministre chargé des télécommunications, aux
négociations communautaires et internationales.
LAgence nationale des
fréquences
LAgence nationale des fréquences (ANFR) est un établissement public chargé danimer la
réflexion sur lemploi des fréquences au bénéfice de lensemble des utilisateurs et de
mener à bien les tâches techniques associées au partage des fréquences disponibles.
Les missions confiées à lANFR sont les suivantes :
- gestion prospective du spectre hertzien ;
- proposition au Premier ministre de la répartition des bandes de fréquences et mise à
jour du tableau national de répartition des bandes de fréquences ;
- préparation de la position française dans les négociations internationales sur les
fréquences ;
- coordination de limplantation sur le territoire national des stations radioélectriques
;
- organisation et coordination du contrôle de lutilisation des fréquences ;
- gestion dun fonds destiné à financer les réaménagements du spectre des fréquences.
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Les premiers résultats de louverture à la
concurrence
Le bilan qui peut être tiré de quatre années douverture complète du marché à la
concurrence apparaît largement positif :
- le marché continue denregistrer une croissance très supérieure à celle du reste de
léconomie tout en connaissant des transformations profondes ;
- louverture du marché est réelle et lentrée de nouveaux opérateurs est effective
sur lensemble des segments du marché ;
- la concurrence se développe de façon très inégale selon les segments : elle est
aujourdhui bien réelle sur les communications téléphoniques longue distance et
internationales, sur le téléphone mobile et sur laccès à Internet. Elle reste en
revanche embryonnaire sur le raccordement et les communications téléphoniques locales ;
- louverture à la concurrence a eu un effet bénéfique sur les tarifs et
linvestissement alors que lemploi a été préservé.
La
croissance du secteur
Les services de télécommunications ont représenté en 2000 un chiffre daffaires de
plus de 30 Md€ (196,79 MdF). Ils connaissent une très forte croissance dont les
ressorts principaux sont le développement de la concurrence et le progrès technique (voir tableau 1).
Les transformations en cours
Le secteur des services de télécommunications subit une transformation profonde qui se
traduit notamment par lapparition de nouveaux services (téléphone mobile, accès à
internet) et leffacement de services plus traditionnels (télex, télégraphe). En 2000,
le service téléphonique a représenté pour la première fois moins de la moitié du
chiffre daffaires du secteur. Au 30 septembre 2001, le nombre dabonnés au téléphone
mobile atteint 34,6 millions et rejoint celui des abonnés au téléphone fixe.
En ce qui concerne laccès à internet, la France comptait, selon la définition retenue,
entre 7 et 11 millions dinternautes en 2000, contre 1 à 2 millions en 1997 (graphique 1).
| Les services de télécommunications entre 1998 et 2000 | |||||
| Chiffre daffaires (Me) | Croissance (%) | ||||
| 1998 | 1999 | 2000 | 1998-1999 | 1999-2000 | |
| Téléphonie fixe | 14 769 | 15 063 | 14 718 | + 2,0 | - 2,3 |
| Téléphonie mobile | 4 042 | 5 658 | 8 408 | + 40,0 | + 48,6 |
| Internet (accès et communications) | 162 | 344 | 720 | + 112,2 | + 109,3 |
| Liaisons louées et transport de données | 1 827 | 1 873 | 2 586 | + 2,5 | + 38,1 |
| Autres services | 3 156 | 3 599 | 3 860 | + 9,3 | + 7,2 |
| Total | 23 957 | 26 537 | 30 237 | + 10,8 | + 14,2 |
Sources : ART.
| Nombre de personnes ayant accès à internet (en millions) |
|
|
Sources : MINEFI, IDC.
| Taux daccès à internet à haut débit (en %) | ||||||||||||||||
| Grèce | Espagne | Luxembourg | Irlande | Portugal | France | Allemagne | Italie | Royaume-Uni | Danemark | Autriche | Belgique | Pays-Bas | Finlande | Suède | Moyenne | |
| ADSL | 0 | 0,5 | 0,6 | 0,2 | 0 | 0,9 | 1,9 | 0,6 | 0,8 | 3,9 | 3,3 | 3,9 | 0,9 | 1,0 | 4,6 | 1,2 |
| Câble | 0,4 | 0,6 | 1,2 | 1,8 | 2,3 | 2,4 | 2,8 | 4,2 | 5,8 | 3,7 | 6,4 | 6,4 | 10,8 | 0,7 | 4,4 | 3,3 |
Source : cabinet BDRC.
Selon le Credoc (1), près de 23 % de la population
disposait en juillet 2000 dun accès à internet, que ce soit à domicile (14 % de la
population) ou sur son lieu de travail (15 % de la population).
Lune des transformations les plus importantes que connaît le secteur est lémergence
des accès à internet à haut débit. Ceux-ci présentent deux attraits principaux pour
les utilisateurs : ils sont tarifés de façon forfaitaire et non en fonction de la durée
de connexion et ils offrent une vitesse de transmission des informations bien supérieure
à celle du réseau téléphonique. Ces caractéristiques rendent plus confortable la
navigation mais, surtout, permettent denvisager le développement de services nouveaux,
faisant un recours accru à la transmission dimages animées. Le cabinet BDRC estime à
4,5 % en juin 2001 la pénétration des accès à internet à haut débit dans les
ménages européens (voir tableau 2).
Dautres transformations importantes mais moins visibles pour les utilisateurs, comme la
numérisation des réseaux et laugmentation des capacités de transmission (liée au
développement de la fibre optique et de linternet), sont également en cours.
Lentrée sur le marché
Au 30 septembre 2001, plus de 120 opérateurs étaient autorisés à établir un réseau
ouvert au public ou à fournir le service téléphonique au public (voir tableau
ci-dessous).
| Les opérateurs | |
| Réseaux ouverts au public et service téléphonique au public | 64 |
| Réseaux ouverts au public | 35 |
| Service téléphonique au public | 18 |
| Téléphonie mobile | 18 |
| Radiomessagerie | 4 |
Source : DiGITIP.
Un premier mouvement de concentration était en cours, mouvement naturel après une
période deffervescence liée à louverture du marché, que le retournement de
conjoncture tend à accélérer et à amplifier.
Les parts de marché
Téléphonie fixe
La concurrence apparaît bien implantée sur les appels longue distance et
internationaux. Sur la boucle locale, en revanche, elle reste très limitée et ne
bénéficie véritablement quaux entreprises implantées dans les quartiers daffaires
des grandes villes (graphique 2).
Téléphonie mobile
Dans le secteur de la téléphonie mobile, qui connaît une concurrence
vigoureuse, les parts de marché des opérateurs connaissent une relative stabilité (voir
tableau ci-dessous).
| Parts de marché de la téléphonie mobile au 30/09/2000 | ||
| Opérateur | Abonnés | Part de marché |
| Orange France | 16 600 600 | 48 % |
| SFR | 11 750 600 | 34 % |
| Bouygues Télécom | 6 248 900 | 18 % |
Source : ART.
Internet
Parts de marché au 30 juin 2001 :
| Parts de marché dinternet au 30/06/2001 (en %) | |
| Marché grand public | |
| Wanadoo (groupe France Télécom) | 37,9 |
| AOL Compuserve | 21,5 |
| Club Internet | 11,9 |
| Autres | 28,7 |
| Marché professionnel | |
| Oléane (groupe France Télécom) | 36,4 |
| Colt France | 16 |
| Uunet (MCI-Worldcom) | 14,7 |
| Autres | 32,9 |
Source : IDC.
Les tarifs
Téléphone
Lévolution des tarifs du service universel depuis 1997 est marquée par un
rééquilibrage destiné à assurer une meilleure orientation des tarifs vers les coûts.
Entre 1997 et 2000, le prix de labonnement a augmenté de façon significative. Au
contraire, le prix des communications a diminué quel que soit le type de communication.
Le prix des communications longue distance nationales et internationales a connu la baisse
la plus forte, de lordre de 60 %.
Afin de maintenir le caractère abordable du service et de favoriser une redistribution
des gains de productivité au consommateur, une convention tarifaire signée en novembre
1997 entre lÉtat et France Télécom a fixé des objectifs pour lévolution des tarifs
du service universel entre 1997 et 2000.
Cette convention prévoyait une évolution calculée des tarifs du service universel des
télécommunications inférieure à la hausse des prix à la consommation hors tabac, dau
moins 9 % en moyenne par an sur la période 1997-1998, et dau moins 4,5 % en moyenne par
an sur la période 1999-2000 (2).
Pour chacune de ces deux périodes, France Télécom sest raisonnablement approchée de
son objectif (graphique 3).
Dans ce cadre, le bilan global du rééquilibrage tarifaire a donc été favorable à
lensemble des utilisateurs. Compte tenu du poids plus grand de labonnement dans la
facture des clients résidentiels par rapport aux clients professionnels, en moyenne plus
forts consommateurs, lévolution sest traduite par des gains plus marqués pour les
entreprises que pour les particuliers (graphique 4).
| Parts de marché de France Télécom pour la téléphonie fixe en 2000 (en %) |
|
|
Source : ART.
| Évolution des tarifs du service universel (en %) |
|
|
Source : DiGITIP.
Internet
Bien quil nexiste pas à lheure actuelle de méthode universellement admise pour
mesurer lévolution des tarifs daccès à internet, tous les observateurs estiment que
ceux-ci ont enregistré une baisse très importante depuis 1997 et que cette baisse se
poursuit actuellement.
LART estime ainsi que, sur les années 1999 et 2000, la baisse des tarifs daccès à
internet est supérieure à 50 % pour une durée de communication inférieure à 30 heures
par mois.
IDC (3), pour sa part, prévoit quà la fin 2001, les
tarifs daccès à internet (toutes technologies confondues) auront encore diminué de
plus de 10 % par rapport à lannée précédente.
Linvestissement
Linvestissement dans les réseaux de télécommunications reste extrêmement soutenu. Les
opérateurs autorisés ont investi 5,53 Md€ (36,27 MdF) en 1998, 5,90 Md€ (38,70
MdF) en 1999 et 7,09 Md€ (46,51 MdF) en 2000 (source : ART). Lannée 2001, compte
tenu du retournement de conjoncture, devrait naturellement se traduire par un tassement de
cet effort.
| Évolution des tarifs (en %) |
|
|
Source : DiGITIP.
Lemploi
Lemploi dans le secteur des services de télécommunications (incluant les opérateurs,
fournisseurs de services et distributeurs) a connu une croissance notable ces dernières
années (voir tableau ci-dessous).
| Emploi dans le secteur des services de télécommunications | ||||
| 1997 | 1998 | 1999 | 2000 | |
Nombre demployés |
164 500 | 168 450 | 170 500 | 180 000 (est.) |
Source : IDATE.
Limpact du retournement de conjoncture intervenu en 2001 ne peut être évalué à ce
stade mais il est peu probable quil annule la hausse intervenue sur la période
1997-2000.
Par ailleurs, la multiplication des acteurs sest traduite par lapparition de nouveaux
métiers et par une demande croissante de spécialistes (ingénieurs et commerciaux) qui
ne semble pas entièrement satisfaite par le marché du travail.
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Les chantiers de lavenir
Les réseaux de télécommunications constituent le soubassement de la société de
linformation. La politique menée dans ce secteur est donc une composante importante du
programme daction gouvernemental pour la société de linformation (PAGSI) lancé par le
Premier ministre en janvier 1998. À cet égard, deux objectifs dominent pour le court et
moyen terme : développer laccès à internet à haut débit et réussir le lancement de
la téléphonie mobile de troisième génération.
Laccès à internet à haut
débit
Plusieurs technologies - fibre optique, ADSL, boucle locale radio (BLR), câble, satellite
- permettent aujourdhui de fournir des accès à internet à haut débit. Il nappartient
pas aux pouvoirs publics de faire le tri entre elles mais plutôt de lever les obstacles
à leur développement dans le cadre dune politique neutre sur le plan technologique.
Dans cette optique, beaucoup a déjà été fait :
- la loi de réglementation des télécommunications a fourni un cadre juridique clair
pour la fourniture de services de télécommunications sur les réseaux câblés de
télédistribution. Divers arbitrages de lART et la sortie du "plan câble"
ont, depuis, levé les derniers obstacles au développement de ce type doffre ;
- le Gouvernement a défini un cadre réglementaire pour le dégroupage de la boucle
locale, qui permet denvisager une concurrence effective sur la fourniture daccès à
internet utilisant la technologie ADSL ;
- les autorisations détablissement et dexploitation de réseaux de boucle locale radio
ont été attribuées lannée dernière, à lissue dun appel à candidatures ;
- les dispositions concernant la gestion des positions orbitales figurant dans le projet
de loi sur la société de linformation permettront de conforter les conditions
économiques de développement des systèmes à satellite. Leur adoption nest cependant
pas un préalable à la fourniture daccès à internet à haut débit par satellite.
Le cadre du développement de laccès à internet à haut débit est donc pour
lessentiel fixé et la balle est maintenant dans le camp des acteurs économiques.
Lattention des pouvoirs publics se porte aujourdhui sur loffre de contenus et la
couverture du territoire (voir infra).
La téléphonie mobile de
troisième génération
Les vicissitudes du dossier de la téléphonie mobile de troisième génération (UMTS)
sont largement évoquées par la presse. Il est vrai que le calendrier volontariste qui
avait été fixé en 1998 au niveau de lUnion européenne (ouverture commerciale au 1er
janvier 2002) na pas pu être tenu.
Lenjeu nen reste pas moins considérable pour la France et lUnion européenne. Il
sagit, en réussissant le mariage dinternet et du téléphone, de prolonger le succès
de la téléphonie mobile à la norme GSM et de conforter la première place mondiale de
lindustrie européenne dans le secteur des télécommunications mobiles.
La priorité pour le Gouvernement est donc de permettre le lancement de la téléphonie
mobile de troisième génération sur des bases économiques saines. À cet effet, le
secrétaire dÉtat à lIndustrie a attribué, le 18 juillet 2001, les deux premières
autorisations détablissement et dexploitation de réseaux mobiles de troisième
génération à Orange France et SFR. Ces autorisations reprennent les obligations
minimales prévues par lappel à candidatures lancé en août 2000, auxquelles sajoutent
les engagements pris par les opérateurs dans leur dossier de candidature.
Ainsi, SFR doit être en mesure douvrir commercialement son réseau en mars 2002 à
Lille, Lyon, Marseille, Nice et Paris. Orange France doit desservir en juin 2002 les
mêmes villes plus Cannes, Metz, Nantes, Rennes, Strasbourg, Toulon et Toulouse. Ces
déploiements restent subordonnés à la disponibilité effective déquipements de
réseau et de terminaux à ces dates.
Au-delà, SFR a prévu de couvrir 75 % de la population avec un service de transmission de
données à 144 kbit/s en août 2003, 98,9 % en août 2006 et 99,3 % en août 2009. Aux
mêmes dates, Orange France prévoit de couvrir 58 %, 94 % et plus de 98 % de la
population.
Par ailleurs, afin de prendre en compte les nouvelles données économiques et
industrielles, le Gouvernement a décidé de remettre à plat les conditions financières
dattribution des autorisations. Les redevances se composeront désormais dune partie
fixe, avec un "ticket dentrée" fixé à 619 M€ (4,06 MdF) et dune partie
variable, assise sur le chiffre daffaires généré par lactivité UMTS des opérateurs,
la durée des autorisations étant portée de 15 à 20 ans. Un appel à candidatures
complémentaire destiné à attribuer les deux autorisations qui nont pu lêtre en 2001
sera lancé très prochainement.
Lun des principaux objectifs du Gouvernement est dassurer une concurrence effective
sur lensemble du marché, cest-à-dire de parvenir à une situation où la formation des
prix résulte du libre jeu de la concurrence et non des décisions des autorités de
régulation. Dans cette perspective, les difficultés se concentrent sur la boucle locale,
secteur dans lequel la concurrence reste aujourdhui embryonnaire (voir supra). Il
convient de souligner que la réalisation de lobjectif nimplique pas une duplication
totale des infrastructures de boucle locale mais lexistence dun véritable choix pour
les utilisateurs, comme cest aujourdhui le cas dans le domaine de la téléphonie
mobile.
À vrai dire, les données économiques disponibles ne permettent pas dêtre certain
quune concurrence sur lensemble du marché soit effectivement possible et, bien que
certains soient nettement plus avancés que la France dans cette voie, aucun pays au monde
ne peut se targuer de bénéficier dune concurrence effective sur la boucle locale.
Néanmoins, le moment apparaît particulièrement favorable puisque le marché connaît
une transformation importante à la fois de loffre (apparition de nouvelles technologies
comme la fibre optique ou lADSL) et de la demande (développement des accès à internet
à haut débit). Il serait présomptueux de parier sur la reproduction de telles
conditions dans lavenir et labsence de concurrence sur la boucle locale, si elle devait
perdurer, nécessiterait un réexamen des fondements mêmes de la politique menée
aujourdhui, au niveau européen comme au niveau national, dans le domaine des
télécommunications.
Quoi quil en soit, les pouvoirs publics cherchent à créer les conditions permettant une
entrée effective de nouveaux opérateurs sur le marché des communications locales.
Lattribution des autorisations de boucle locale radio et le dégroupage de la boucle
locale, déjà mentionnés, concourent à cet objectif. Les pouvoirs publics ont
également fixé les conditions de mise en oeuvre de la sélection du transporteur
(sélection appel par appel et présélection) pour les communications locales (décision
de lART du 18 juillet 2001 homologuée par arrêté du secrétaire dÉtat à lIndustrie
le 26 septembre 2001). Cette fonctionnalité, déjà disponible pour les communications
longue distance nationales et internationales et pour les appels vers les téléphones
portables, sera étendue aux communications locales à compter du 1er janvier 2002.
Les transformations profondes que connaît le secteur des
télécommunications - développement de la concurrence, développement dinternet,
convergence avec le secteur audiovisuel - rendent nécessaire une évolution de la
réglementation. Quatre objectifs apparaissent aujourdhui prioritaires : simplifier et
alléger la réglementation, définir un cadre approprié à la convergence, enrichir et
adapter le service public des télécommunications et améliorer la gestion des
fréquences radioélectriques.
Le réexamen en cours des directives européennes relatives aux télécommunications
constitue une étape importante dans la réalisation de ces objectifs.
Simplifier et alléger la
réglementation
Labsence de concurrence sur la boucle locale justifie pleinement le maintien dune
réglementation sectorielle spécifique dans les années à venir. À linverse,
lexistence dune concurrence effective sur plusieurs segments du marché rend nécessaire
un allégement de la réglementation.
La réglementation existante apparaît en effet très rigide, car elle fixe des seuils
dintervention assez bas - des obligations spécifiques sont imposées aux opérateurs
dès quils détiennent plus de 25 % de part de marché - et sapplique à des marchés
prédéfinis, sans possibilité de prendre en compte les transformations du secteur. La
définition dun nouveau cadre pour limposition et la suppression des obligations
sectorielles spécifiques sont probablement lenjeu principal du réexamen des directives
européennes relatives aux télécommunications.
La difficulté est, bien entendu, de définir un cadre qui soit suffisamment souple pour
sadapter à la diversité des situations nationales et à lévolution du secteur tout en
étant suffisamment précis pour que les acteurs économiques bénéficient de la
sécurité juridique nécessaire pour leurs décisions dinvestissement.
Un autre objectif important du réexamen des directives européennes est de simplifier les
conditions dentrée sur le marché, en supprimant les procédures dautorisation
individuelle chaque fois que lattribution de ressources rares (fréquences, numéros) ne
les rend pas indispensables.
Définir un cadre approprié
à la convergence
Avec la généralisation des techniques numériques et laugmentation des vitesses de
transmission, les réseaux de télécommunications sont de plus en plus employés pour
fournir des services de communication audiovisuelle, et inversement. Un rapprochement des
régimes juridiques applicables aux réseaux de télécommunications et aux réseaux
audiovisuels est donc souhaitable, même si les inconvénients liés à lexistence de
deux régimes distincts ne doivent pas être exagérés.
La Commission européenne a proposé, dans le cadre du réexamen européen déjà
mentionné, de séparer nettement la réglementation applicable aux services et aux
contenus de celle applicable aux réseaux, et de définir un régime juridique unique pour
ces derniers, quils servent de support à la fourniture de services de
télécommunications ou à la fourniture de services de communication audiovisuelle. Les
directives en préparation laissent cependant une souplesse importante aux États membres
pour prendre en compte certaines spécificités du secteur audiovisuel. Dans le cas de la
France, le rapprochement pourrait donc seffectuer selon les lignes suivantes :
- alignement du régime juridique des réseaux câblés de télédistribution sur celui
des réseaux de télécommunications ;
- maintien dun régime spécifique pour la diffusion hertzienne terrestre (analogique et
numérique) ;
- traitement spécifique des infrastructures de communication par satellite.
La convergence, en revanche, ne rend pas indispensable une fusion des autorités de
régulation de laudiovisuel et des télécommunications.
Enrichir et adapter le
service public des télécommunications
Contrairement au pronostic de certains, le service public des télécommunications na pas
été remis en cause par louverture du marché à la concurrence. Le cadre juridique
défini par la loi de réglementation des télécommunications a permis à la fois de
mieux identifier le coût réel des missions de service universel assurées par France
Télécom et den assurer le financement au travers dun fonds de service universel
alimenté par lensemble des opérateurs.
Le coût des obligations de service universel a évolué de la façon suivante, les
principales évolutions étant liées au rééquilibrage des tarifs, à lamélioration
des méthodes dévaluation et à la mise en oeuvre progressive du dispositif des
"tarifs sociaux" (voir tableau 6).
Pour lavenir, les questions importantes concernent :
- dune part, le périmètre du service public : il sagit de définir les conditions dans
lesquelles de nouveaux services liés au développement de la société de linformation
(comme laccès à internet à haut débit) pourraient être inclus dans le service
universel (le projet de loi sur la société de linformation a prévu linclusion de
laccès à internet via le réseau téléphonique dans les services obligatoires) ;
- dautre part, les modalités de sa fourniture et de son financement : le Gouvernement et
le Parlement devront notamment se prononcer sur lopportunité de permettre à dautres
entreprises que France Télécom de fournir tout ou partie des composantes du service
universel et de recevoir une compensation à ce titre. Ces mécanismes de pay or play sont
aujourdhui expérimentés dans certains pays comme lAustralie.
| Coût des obligations de service universel (en M€) | |||||
| 1997 (évaluation définitive) | 1998 (évaluation définitive) | 1999 (évaluation définitive) | 2000 (évaluation prévisionnelle) | 2001(évaluation prévisionnelle) | |
| Déséquilibre tarifaire | 278,07 | 309,17 | 51,68 | - | - |
| Péréquation géographique | 417,10 | 329,14 | 175,93 | 220,44 | 229,28 |
| Autres obligations de service universel | 69,52 | 28,51 | 23,32 | 209,77 | 186,44 |
| Total | 764,69 | 666,82 | 250,93 | 430,21 | 415,72 |
Source : DiGITIP.
Améliorer la gestion des
fréquences radioélectriques
La gestion des fréquences radioélectriques constitue un enjeu crucial pour le secteur
des télécommunications. Elle est rendue particulièrement difficile par lexistence
dune coordination internationale, indispensable mais lourde dans son évolution, par la
possibilité dusages très divers comprenant aussi bien des services marchands, que des
services non marchands et par le fait que les fréquences sont disponibles en quantité
limitée alors que les besoins saccroissent constamment. Les usages dépendant des
fréquences dans le secteur des technologies de linformation et de la communication
représentent un chiffre daffaires de plus de 20 Md€ (131,19 MdF) et apportent une
contribution importante à la croissance de léconomie.
La gestion des fréquences doit répondre à plusieurs objectifs : les fréquences doivent
être attribuées aux services, marchands ou non, qui bénéficient le plus à la
société ; les fréquences doivent être attribuées aux acteurs qui en feront lusage le
plus efficace et ceux-ci ne doivent pas thésauriser des fréquences inutiles ; les
nouveaux services doivent pouvoir disposer des fréquences nécessaires à leur
développement.
| Le réexamen des directives européennes |
| Le réexamen des directives européennes relatives aux télécommunications a pour
objectif dadapter la réglementation existante aux évolutions du secteur des
télécommunications. Cette démarche, prévue dès ladoption des directives actuellement
en vigueur, est aujourdhui dans une phase critique. Le réexamen poursuit trois objectifs principaux : modifier la réglementation européenne pour tenir compte de la convergence par une harmonisation du régime juridique des réseaux ; alléger la réglementation sectorielle des télécommunications afin de la rapprocher du droit commun de la concurrence ; renforcer lharmonisation dans la mise en oeuvre des directives européennes par les États membres. Le réexamen repose sur cinq propositions de directives qui ont été adoptées par la Commission européenne le 12 juillet 2000 : - une proposition de directive relative à un cadre réglementaire commun pour les réseaux et services de communications électroniques ; - une proposition de directive relative à laccès aux réseaux de communications électroniques et aux installations associées, ainsi quà leur interconnexion ; - une proposition de directive relative à lautorisation de réseaux et services de communications électroniques ; - une proposition de directive concernant le service universel et les droits des utilisateurs au regard des réseaux et services de communications électroniques ; - une proposition de directive concernant le traitement des données à caractère personnel et la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques. Sur les quatre premières propositions, le Conseil "transports et télécommunications" est parvenu à une position commune lors de sa réunion de juin 2001 et ces propositions sont maintenant examinées en seconde lecture par le Parlement européen. En revanche, le Conseil nest pas parvenu à un accord sur la proposition de directive concernant la protection des données, les discussions ayant achoppé sur la question de lutilisation de la messagerie électronique à des fins de prospection commerciale (problème du spamming). |
Aujourdhui, force est de reconnaître que nous sommes assez loin de ces objectifs.
Ainsi, la détermination de lusage général des fréquences mais aussi lattribution aux
différents acteurs - à lexception notable des fréquences attribuées aux opérateurs
de télécommunications à lissue dappels à candidatures (téléphonie mobile, boucle
locale radio) - se font essentiellement sur une base "premier arrivé, premier
servi" tandis que seuls les services de télécommunications paient des redevances.
Ainsi, une évolution doit être envisagée selon trois axes :
- engager une réflexion globale sur les utilisations des fréquences radioélectriques ;
- mettre en place une redevance applicable à lensemble du spectre, calculée sur des
critères objectifs ;
- instiller des mécanismes de marché dans la gestion des fréquences. À cet égard,
lattention se focalise sur les procédures denchères mais le véritable enjeu paraît
être celui des marchés secondaires qui, au moins pour certains usages marchands,
permettraient une meilleure adéquation des moyens aux besoins.
La concurrence et les nouveaux services se développent aujourdhui selon une logique
de marché, les opérateurs ciblant en priorité la clientèle la plus rentable. Il ny a
là rien de choquant ni, en fait, de nouveau. Ce qui est nouveau, en revanche, cest,
dune part, que le développement des services bénéficie de la puissance des mécanismes
de marché et, dautre part, que les moyens utilisés traditionnellement pour assurer
luniversalité dun service (essentiellement, une couverture volontariste du territoire
ou une politique tarifaire facilitant laccès aux services au travers de subventions
croisées entre services et entre catégories dutilisateurs) ne sont plus applicables
dans un secteur ouvert à la concurrence. Le secteur des télécommunications mobiles
illustre parfaitement ces réalités nouvelles : la concurrence a conduit les opérateurs
à améliorer constamment leurs services, à diminuer leurs tarifs et à augmenter la
couverture géographique de leurs réseaux. La téléphonie mobile a ainsi parcouru en dix
ans autant de chemin que la téléphonie fixe en un siècle, mais ce développement
spectaculaire na pas permis dassurer une couverture totale du territoire ni de répondre
aux attentes légitimes dune partie de la population.
La résorption du fossé numérique entre catégories dutilisateurs et entre territoires
nécessite donc des outils nouveaux. Ceux-ci sont loin dêtre entièrement définis mais
plusieurs chantiers ouverts par le Gouvernement ont permis dinitier des approches
novatrices.
Lachèvement de la
couverture du territoire par les mobiles
Conformément aux dispositions de larticle L. 35-7 du code des postes et
télécommunications, le Gouvernement a transmis au Parlement un rapport sur la couverture
du territoire par les réseaux de téléphonie mobile. Ce rapport présente la situation
du secteur des radiocommunications en France, un état des lieux de la couverture
géographique des réseaux de téléphonie mobile et les solutions susceptibles de
favoriser lextension de cette couverture géographique.
Il en ressort que lachèvement de la couverture totale du territoire métropolitain par
un seul réseau représente un investissement denviron 396 M€ (2 597,59 MF).
Lobjectif du Gouvernement nest toutefois pas de couvrir la totalité du territoire mais
dassurer dans les trois prochaines années la couverture de lensemble des lieux de vie
permanents et occasionnels (sites touristiques) et des axes de transport prioritaires. Il
sagit notamment de faire en sorte que les 1 480 centres de villages qui ne sont
aujourdhui couverts par aucun réseau de télécommunications mobiles, bénéficient de
cette technologie. Cet objectif représente un investissement denviron 213 M€ (1
397,19 MF) pour un seul réseau utilisé conjointement par les trois opérateurs dans le
cadre dun accord ditinérance.
Lors du CIADT du 9 juillet 2001, le Gouvernement a décidé dengager 76,2 M€ (499,84
MF) de crédits dÉtat afin de participer, sur une base paritaire, aux investissements
pour la construction des stations de base équipées que décideraient les collectivités
locales qui auront fait connaître leurs objectifs de couverture avant la fin 2001. Les
opérateurs contribueront pour 61 M€ (400,13 MF) à la réalisation de cet objectif.
Le haut débit
La question de la couverture du territoire en matière de haut débit se présente de
façon complètement différente de celle de la téléphonie mobile, dans la mesure où il
sagit de services nouveaux, dont le développement reste embryonnaire même dans les
zones où leur fourniture est potentiellement rentable, et où le positionnement relatif
des diverses technologies utilisables - ADSL, câble, satellite, boucle locale radio,
fibre optique - reste encore incertain.
Cest donc principalement le dynamisme du marché et la complémentarité entre les
technologies qui permettront daugmenter la couverture du territoire et la diffusion dans
la population des services à haut débit. Toutefois, en vue de réaliser lobjectif de
permettre laccès de tous au haut débit à des conditions abordables dici à 2005, le
Gouvernement a décidé de mettre en place un dispositif de soutien aux projets
territoriaux et donné mandat en ce sens à la Caisse des dépôts et consignations (CdC).
Ce soutien se traduira par un accompagnement en investissement sur les fonds propres de la
CdC à hauteur de 229 M€ (1 502,14 MF) sur cinq ans. Cet engagement visera à
favoriser la cohérence des projets programmés, en particulier entre échelons et acteurs
territoriaux différents, en lien avec les conditions de développement du marché,
lactivité des opérateurs et lévolution des technologies. De plus, des prêts à taux
préférentiels sur 30 ans pourront être accordés aux collectivités locales en
cofinancement avec les établissements de crédit à lintérieur dune enveloppe de 1,5
Md€ (9 839,36 MF).
Les tarifs sociaux
Dans le domaine du service téléphonique, le mécanisme des "tarifs sociaux" a
permis de maintenir le coût daccès aux réseaux pour les personnes les plus démunies
tout en autorisant une évolution de la tarification vers une structure plus proche des
coûts et pérenne dans une situation de concurrence (le "rééquilibrage"
déjà mentionné).
Concrètement, le dispositif des tarifs sociaux téléphoniques fait lobjet dun décret
du 8 mars 1999 qui prévoit deux mesures complémentaires :
- la réduction sociale téléphonique : les personnes ayant droit au revenu minimum
dinsertion, ou percevant lallocation de solidarité spécifique ou lallocation adulte
handicapé ainsi que les invalides de guerre peuvent demander à bénéficier dun
abonnement à prix réduit. Le montant de la réduction est actuellement fixé à 4,21
€ HT (27,62 F). Au 30 juin 2001, 700 000 personnes en bénéficiaient ;
- la prise en charge des dettes téléphoniques.
Le dispositif des tarifs sociaux est actuellement le principal mécanisme propre au
secteur des télécommunications permettant de prévenir lapparition dun fossé
numérique entre catégories de personnes. Sagissant dun dispositif très récent et
dont la montée en puissance nest pas encore achevée, il est difficile aujourdhui de se
prononcer sur lopportunité ou la possibilité de létendre, dans le cadre du
développement de la société de linformation, à dautres prestations que le service
téléphonique.
| Glossaire |
| ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line) : technologie de transmission de
données à haut débit sur les lignes téléphoniques traditionnelles. LADSL permet
notamment aux abonnés de se connecter à Internet tout en laissant la ligne
téléphonique disponible pour passer et recevoir des appels. Boucle locale : liaison qui relie le poste de labonné et le central téléphonique auquel il est rattaché. Elle est généralement constituée dune paire de fils de cuivre torsadée. Dégroupage de la boucle locale : opération qui permet aux nouveaux opérateurs dutiliser les boucles locales du réseau de lopérateur historique pour desservir directement leurs abonnés. Le dégroupage de la boucle locale peut prendre deux formes principales : (i) laccès totalement dégroupé à la boucle locale dans lequel le nouvel opérateur accède directement à la paire de fils de cuivre qui constitue la boucle locale, (ii) laccès partagé à la boucle locale dans lequel le nouvel opérateur accède à une capacité de transmission sur cette paire de fils de cuivre. GSM (Global System for Mobile Communications) : il sagit de la norme de téléphonie mobile utilisée actuellement en Europe. IMT 2000 (International Mobile Telecommunications 2000) : famille de normes de téléphonie mobile de troisième génération définie par lUIT. Liaison louée : capacité de transmission point à point permanente mise à la disposition exclusive dun utilisateur. Réseaux câblés : réseaux assurant la distribution par câble de programmes de radiodiffusion sonore et de télévision, établis en application de la loi n° 82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle ou de larticle 34 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication. Spamming : envoi en masse de messages électroniques non sollicités à des fins de prospection commerciale. UIT (Union Internationale des Télécommunications) : institution spécialisée de lOnu compétente pour le secteur des télécommunications. UMTS (Universal Mobile Telecommunications System) : il sagit de la norme retenue en Europe pour les systèmes de téléphonie mobile de troisième génération. Elle permet doffrir une large gamme de services, intégrant la voix, les données et les images. Elle fait partie de la famille de normes "IMT 2000". |
(1) Centre de recherche pour létude et
lobservation des conditions de vie.
(2) Lévolution est mesurée sur une base fixe formée par le
chiffre daffaires de France Télécom en téléphonie fixe en 1996. Le panier tarifaire
comprend le service téléphonique et la publiphonie. Il ne concerne que les tarifs de
base, à lexclusion des options tarifaires ou des mesures spécifiques en faveur de
certaines catégories de clients.
(3) International Data Corporation, cabinet de conseil et
détudes sur les marchés des nouvelles technologies.
© Les notes bleues de
Bercy
Ouverture à la concurrence des télécommunications
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