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2ème trimestre 2001
À partir de prélèvements opérés
dans 13 départements sur des poissons de diverses origines,
frais ou congelés, provenant d'élevage ou de
la pêche, les laboratoires de la DGCCRF de Villeneuve
d'Ascq et de Massy ont procédé à la recherche
des sept congénères indicateurs PCB pouvant
contaminer ces produits.
Les résultats obtenus complètent les informations
fournies par les enquêtes de la DGCCRF réalisées
en 2000 dans le domaine de l'alimentation animale et seront
utiles aux experts de l'AFSSA pour procéder à
une évaluation du risque.
Quelques informations sur les PCB et motivation de
l'enquête
Les polychlorobiphényles (PCB) correspondent à
une catégorie d'hydrocarbures aromatiques chlorés
qui regroupe 209 molécules distinctes dites congénères.
Ils ont été synthétisés intentionnellement.
Jusqu'en 1975, ils étaient utilisés comme plastifiants,
ignifugeants, adhésifs, lubrifiants…La mise en évidence
de la toxicité des mélanges (action sur le système
nerveux, effets immunodépresseurs, activateurs et promoteur
de la cancérogénèse, …) a conduit à
des restrictions d'emploi. Depuis 1987, ces produits ne se
rencontrent plus que dans des systèmes clos, en tant
que fluide diélectrique, dans des transformateurs et
des condensateurs. Tous les appareils en service contenant
des PCB sont appelés à disparaître d'ici
la fin 2010, leur élimination en tant que déchets
de PCB devant être réalisée par des entreprises
agrées.
Depuis leur production commerciale, les PCB ont pu être
dispersés dans l'environnement. Du fait de leur stabilité
et de leur caractère lipophile, ces PCB peuvent être
concentrés tout au long de la chaîne alimentaire,
notamment dans les poissons.
Afin de compléter les données disponibles sur
la contamination par les PCB, l'AFSSA (Agence Française
de Sécurité Sanitaire des Aliments) a estimé
qu'il convenait de se focaliser sur les poissons comme source
de contamination notable pour l'homme.
Dans ce but, et parallèlement au plan de surveillance
des teneurs en PCB dans des poissons d'élevage tels
que les truites et les saumons mis en place par la Direction
Générale de l'Alimentation, la DGCCRF a effectué
des prélèvements sur d'autres poissons frais
ou surgelés, destinés à la vente au détail
ou à la transformation.
Valeurs de référence
Il n'existe pas actuellement de réglementation européenne
ou française fixant des limites maximales en PCB dans
les denrées alimentaires.
La toxicité de certains PCB n'est pas encore complètement
évaluée. Une douzaine d'entre eux ont une toxicité
similaire à celle des dioxines, d'autres ont d'autres
mécanismes d'action.
Par ailleurs, des données sont à rassembler
pour connaître l'exposition de la population à
ces contaminants.
Lors de la crise "de la dioxine belge" de 1999 dont l'origine
a été expliquée par la contamination
de matière grasses destinées à l'alimentation
animale par des produits de dégradation du pyralène
(PCB), l'AFSSA avait recommandé la recherche de 7 molécules
de PCB dits indicateurs et proposé une teneur maximale
pour les 7 congénères dosés de 0,2 µg/g
de matière grasse dans ces produits.
Elle avait également précisé que la
consommation de produits dont le taux de matières grasses
d'origine animale était inférieur à 2 %
n'était pas susceptible de présenter un risque
d'exposition aux PCB et aux dioxines. Cette recommandation
avait été faite dans un contexte bien particulier
et ne préjuge pas des limites maximales qui pourraient
être définies à l'avenir sur la base d'études
permettant d'évaluer l'exposition des consommateurs
à ces contaminants.
Résultats
76 échantillons de divers types de poissons autres
que les saumons et les truites ont été prélevés.
Les laboratoires de la DGCCRF ont procédé au
dosage des 7 congénères indicateurs dans des
poissons de mer d'élevage ou pêchés en
mer et des poissons d'eau douce.
Les lieux d'origine étaient très variés.
12 échantillons (soit 16% des échantillons
analysés) contenaient des teneurs en PCB indicateurs
supérieurs à la valeur de 0,2µg/g de matière
grasse.
Parmi les produits les plus contaminés, on trouve
les maquereaux et les sardines, espèces assez riches
en matières grasses. Pour un turbot d'élevage
et un grenadier, qui dépassent cette même valeur,
mais dont les teneurs en lipides sont assez faibles, la quantité
de PCB rapportée à la chair de poisson donne
une teneur très faible lorsqu'elle est comparée
au même rapport établi à partir des poissons
gras précités.
Conclusion
Les données recueillies, s'ajoutant aux résultats
d'enquête obtenus par ailleurs, pourront être
utiles aux organismes chargés de l'évaluation
des risques pour évaluer ceux présentés
par les PCB.
Toutefois, les espèces et les origines des poissons
concernés par cette étude étaient très
variées et le nombre d'échantillons par espèce
était faible. De nouvelles enquêtes sont prévues
en 2002 afin de permettre une meilleure connaissance de la
contamination des poissons par les PCB.
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