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4ème trimestre 2002
Actuellement, la législation communautaire
prévoit que les denrées alimentaires destinées
aux nourrissons et aux enfants en bas âge ne doivent
contenir aucune substance dans des proportions susceptibles
de nuire à la santé.
Le Règlement 466/2001 modifié
portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants
dans les denrées alimentaires prévoit que des
teneurs maximales spécifiques à ce type d'aliments
seront définies au plus tard le 05 avril 2004.
Les contaminants prioritaires sur lesquels
la Commission européenne a décidé de
porter son attention sont certaines mycotoxines (aflatoxine
B1, aflatoxine M1, ochratoxine A et patuline) et les nitrates.
L'objectif de cette enquête était
de recueillir des informations sur les niveaux de contamination
des produits fabriqués et/ou commercialisés
en France et de s'assurer qu'ils ne contenaient aucune substance
dans des proportions susceptibles de nuire à la santé
des nourrissons et des enfants en bas âge.
Quelques précisions sur les contaminants
recherchés
1) Les mycotoxines
Les mycotoxines sont des molécules
produites par des moisissures capables de se développer
sur des produits végétaux dans les champs et/ou
au cours du stockage. Elles peuvent être toxiques pour
l'homme et l'animal.
Les aflatoxines
L'aflatoxine B1 est une mycotoxine produite
par des espèces d'Aspergillus qui contaminent fréquemment
certains produits agricoles récoltés dans des
régions tropicales ou subtropicales. Elle possède
des propriétés cancérogènes et
génotoxiques.
Des teneurs en aflatoxine B1 sont définies
par le Règlement 466/2001 modifié dans les céréales,
les fruits séchés et les fruits à coque
et certaines épices.
L'aflatoxine M1 est un produit issu de la
métabolisation de l'aflatoxine B1 qui se retrouve dans
le lait du bétail laitier ayant consommé des
aliments contaminés. L'aflatoxine M1 est classée
dans le groupe des substances cancérogènes possibles
pour l'homme. Le Règlement 466/2001 modifié
définit une teneur maximale en aflatoxine M1 dans le
lait.
L’ochratoxine A est élaborée
par des espèces du genre Aspergillus ou Penicillium.
Elle a des propriétés
cancérigènes, néphrotoxiques, tératogènes,
immunotoxiques et éventuellement neurotoxiques (avis
du Comité Scientifique de l'Alimentation Humaine du
18 septembre 1998)
Le Règlement
466/2001 modifié fixe des teneurs maximales en ochratoxine
A dans les céréales et dans les raisins secs.
La patuline est produite
par diverses moisissures parmi lesquelles les moisissures
du genre Penicillium, Aspergillus et Byssochlamys. Les principaux
produits alimentaires contaminés par la patuline sont
les pommes et les produits à base de pomme.
Le pouvoir cancérogène
de la patuline ne présente pas une évidence
nette. Dans un avis du 8 mars 2000, le Comité Scientifique
de l'Alimentation Humaine a fixé une dose journalière
tolérable provisoire de 0,4 µg/kg de poids corporel
et par jour.
Le 08 décembre
1998, le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique
de France (CSHPF), pour tenir compte du risque pour les enfants
et en tant qu'option de gestion du risque, a proposé
la limite maximale de 25 µg/kg dans les jus de pomme
et les produits à base de pomme.
2) Les nitrates
L'hémoglobine des nourrissons peut
présenter des caractères immatures et les nitrites,
provenant de la réduction des nitrates, sont susceptibles
de former de la méthémoglobine impropre à
transporter l'oxygène de l'air des poumons jusqu'aux
tissus. Les nourrissons sont très sensibles à
cette affection (méthémoglobinémie) qui
se traduit par une cyanose.
Le 06 janvier 1993, le CSHPF a proposé
une limite en nitrates de 250 mg/kg dans les aliments en pot
pour bébés destinés aux nourrissons de
plus de 3 mois.
Critères d'interprétation des
résultats
Les résultats d'analyses obtenus ont
été comparés aux teneurs maximales :
- définies par la réglementation
pour les aliments "courants"
- proposées par les instances scientifiques
(Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France)
- proposées par le syndicat européen
représentant les fabricants d'aliments destinés
à une alimentation particulière (IDACE) à
la Commission européenne.
Ces teneurs sont récapitulées
dans le tableau ci-après :
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Règlement 466/2001 modifié
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Proposition instances scientifiques
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Propositions IDACE
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Aflatoxine B1
(préparations à base de céréales)
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2 µg/kg
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-
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0,25 µg/kg dans les préparations telles
que vendues
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Aflatoxine M1
(préparations à base de lait)
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0,05 µg/kg
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-
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0,03 µg/kg dans les produits prêts à
être consommés
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Ochratoxine A
(préparations à base de céréales)
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3 µg/kg
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-
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1 µg/kg dans les préparations telles que
vendues
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Patuline
(préparations à base de pommes)
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-
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25µg/kg
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25µg/kg
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Nitrates
(préparations à base de légumes)
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-
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250 mg/kg
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250 mg/kg
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Résultats
16 DDCCRF ont participé à cette
enquête.
119 produits destinés à l'alimentation
des nourrissons et des enfants en bas âge ont été
prélevés :
28 produits à base de céréales
ont été analysés :
- l'aflatoxine B1 a été quantifiée
dans 2 échantillons de céréales instantanées
(0,08 et 0,10 µg/kg)
- l'ochratoxine A a été quantifiée
dans 7 échantillons. Les valeurs étaient comprises
entre 0,11 µg/kg et 0,64 µg/kg.
18 boissons, purées ou desserts à
base de pomme ont été analysés. Tous
les échantillons contenaient moins de 25 µg/kg
de patuline. La patuline n'a été quantifiée
que dans un échantillon (23,2 µg/kg)
36 préparations pour nourrissons,
préparations de suite et préparations lactées
ont été analysées. L'aflatoxine M1 a
été quantifiée dans 3 échantillons
de préparations de suite. La teneur la plus élevée
était de 0,011 µg/kg.
37 échantillons de préparations
à base de légumes ont été prélevés.
Un seul échantillon contenait plus de 250 mg/kg de
nitrates (264 mg/kg). Le fabricant a été invité
à prendre les mesures correctives nécessaires.
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Les données recueillies dans le cadre
de cette enquête seront mises en commun avec celles
obtenues par les autres États membres et permettront
d'alimenter les discussions communautaires visant à
établir des teneurs maximales en contaminants dans
les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants
en bas âge.
A l'exception d'un petit pot qui contenait
une quantité de nitrates supérieure à
la teneur maximale recommandée par le CSHPF, aucun
aliment pour nourrisson ou enfant en bas âge ne contenait
des teneurs en contaminants supérieures aux teneurs
maximales fixées actuellement par la réglementation
ou proposées par le CSHPF ou IDACE.
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