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3ème trimestre 2001
Des analyses effectuées antérieurement
ainsi que des notifications du réseau d'alerte européen
ont montré que certains corps gras pouvaient contenir
des quantités significatives d'hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAP).
L'objectif de cette enquête, effectuée
au stade de la production, était d'examiner les procédures
de fabrication des matières grasses et de s'assurer
que les produits finis destinés à l'alimentation
humaine ne présentaient pas de pollution excessive
par les HAP.
Quelques précisions sur les HAP
La combustion incomplète de produits
organiques entraîne la formation d'hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAP) dont certains sont probablement cancérogènes
pour l'homme.
La chaîne alimentaire est la principale
voie de contamination.
La contamination par les HAP peut avoir deux
origines :
- origine environnementale : les industries,
le chauffage domestique, les transports, l'incinération
des déchets,… émettent des HAP dans l'environnement
qui vont ultérieurement se déposer sur les
productions alimentaires.
- origine technologique : certaines technologies
alimentaires parmi lesquelles le fumage, le grillage, le
séchage direct et la torréfaction peuvent
contribuer à une pollution importante des aliments.
Actuellement, aucune teneur maximale en HAP
n'est fixée par la réglementation pour les corps
gras.
Un code de bonnes pratiques établi
par la fédération de l'industrie de l'huilerie
de la Communauté européenne recommande une teneur
maximum en HAP dits "lourds" de 5 µg/kg dans les
graisses et huiles raffinées.
La DGCCRF a saisi, en janvier 2000, l'Agence
Française de Sécurité Sanitaire des Aliments
afin d'évaluer les risques présentés
par les HAP dans diverses denrées alimentaires et déterminer
les niveaux de concentration au delà desquels risquent
de se poser des problèmes de santé du fait de
l'importance de la dose pouvant être absorbée
par l'intermédiaire des aliments contaminés.
Pour cette évaluation, l'AFSSA a sélectionné
9 HAP. Ils ne présentent pas tous le même niveau
de toxicité. Afin de prendre en compte ces différences,
un facteur d'équivalence toxique exprimé par
rapport au benzo(a)pyrène, HAP le mieux connu et l'un
des plus toxiques, a été défini pour
chaque composé.
Dans l'attente des résultats de cette
évaluation, la DGCCRF considère qu'une matière
grasse destinée à l'alimentation humaine est
de qualité satisfaisante si la teneur en équivalent
toxique de benzo(a)pyrène est inférieure à
5 µg/kg.
Cette teneur sera obtenue en multipliant
les quantités décelées de chaque HAP
par le facteur d'équivalence toxique qui lui a été
attribué et en additionnant les résultats partiels
obtenus.
Analyses effectuées et résultats
Le laboratoire de la DGCCRF de Massy a procédé
à la recherche des 9 HAP retenus par l'AFSSA pour son
évaluation dans 40 échantillons de matières
grasses brutes ou raffinées.
- 12 huiles de tournesol
- 5 huiles de maïs
- 5 margarines
- 5 produits divers (matières premières
pour margarines)
- 5 huiles d'olive
- 2 huiles de grignons d'olive
- 3 huiles de pépins de raisin
- 3 huiles de poisson
Résultats
Les analyses réalisées dans
le cadre de cette enquête, effectuée au stade
de la production, n'ont pas mis en évidence de contamination
excessive des matières grasses destinées à
la consommation humaine par les HAP.
Les échantillons des produits raffinés
présentaient des teneurs en équivalent toxique
de benzo(a)pyrène nettement inférieures à
5 µg/kg (à l'exception d'une huile de grignons
d'olive dont la teneur était proche de 5 µg/kg).
La majorité des producteurs est sensibilisée
à ce risque et a mis en place des procédures
de contrôles des teneurs en HAP dans les matières
premières utilisées et/ou dans les produits
finis.
Les corps gras les plus susceptibles d'être
contaminés sont ceux fabriqués à partir
de matières premières présentant un taux
d'humidité important (pépins de raisins, grignons
d'olive,…) et séchées dans des conditions non
satisfaisantes. Des actions ont été développées
au cours du raffinage pour limiter les teneurs en HAP dans
les produits finis mais elles doivent être complétées
par des actions plus en amont, au niveau du procédé
de séchage afin de limiter au maximum la formation
de ces contaminants.
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