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1er et 2ème trimestre 2001
Cette enquête avait pour objectif de
recueillir des données sur la contamination de certaines
denrées alimentaires par les hydrocarbures aromatiques
polycycliques (AHP).
Ces éléments seront utiles à l'Agence
Française de Sécurité Sanitaire des Aliments
(AFSSA) pour procéder à l'évaluation
des risques présentés par cette classe de contaminants.
Quelques précisions sur les HAP
La combustion incomplète de produits
organiques entraîne la formation d'hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAP) dont certains sont probablement cancérogènes
pour l'homme.
La chaîne alimentaire est la principale
voie de contamination.
La contamination par les HAP peut avoir deux
origines :
- origine environnementale : les industries,
le chauffage domestique, les transports, l'incinération
des déchets,… émettent des HAP dans l'environnement
qui vont ultérieurement se déposer sur les
productions alimentaires.
- origine technologique : certaines technologies
alimentaires parmi lesquelles le fumage, le grillage, le
séchage direct et la torréfaction peuvent
contribuer à une pollution importante des aliments.
Plus généralement, les grillages
directs sur flamme et les cuissons risquent d'entraîner
un niveau élevé de HAP lorsque les fumées
de combustion se trouvent en contact avec l'aliment.
Actuellement, aucune teneur maximale en HAP
n'est fixée pour les produits dont la contamination
en HAP résulte de mauvaises pratiques de séchage
des denrées alimentaires ou de leur cuisson ou encore
d'une pollution environnementale.
Il existe un avis du Conseil Supérieur
d'Hygiène Publique de France du 23/10/79 qui propose
de limiter la teneur maximale en benzo(a)pyrène à
1 µg/kg dans les seules denrées alimentaires
fumées et l'arrêté du 11/07/91 relatif
à l'établissement de critères généraux
de qualité et de pureté pour les arômes
alimentaires fixe une teneur maximale en benzo(a)pyrène
de 0,03 µg/kg dans les denrées alimentaires
et les boissons consommées en l'état, lorsque
leur contamination est due à l'utilisation d'arômes
(arômes de fumée). Ces avis et arrêté
ne prennent en compte qu'un seul HAP.
C'est pourquoi la DGCCRF a saisi, en janvier
2000, l'Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Aliments afin d'évaluer les risques présentés
par les HAP dans diverses denrées alimentaires et déterminer
les niveaux de concentration au delà desquels risquent
de se poser des problèmes de santé du fait de
l'importance de la dose pouvant être absorbée
par l'intermédiaire des aliments contaminés.
Analyses effectuées et résultats
Les laboratoires de la DGCCRF de Bordeaux
et de Massy ont procédé à la recherche
des 9 HAP que l'AFSSA a sélectionné pour son
évaluation.
Les HAP ne présentent pas tous le
même niveau de toxicité. Afin de prendre en compte
ces différences, un facteur d'équivalence toxique
exprimé par rapport au benzo(a)pyrène, HAP le
mieux connu et l'un des plus toxiques, a été
défini pour chaque HAP.
À partir des dosages effectués
on pourra établir, pour un produit alimentaire, une
teneur en équivalent toxique de benzo(a)pyrène.
Cette teneur (TEQ) sera obtenue en multipliant les quantités
décelées de chaque HAP par le facteur d'équivalence
toxique qui lui a été attribué et en
additionnant les résultats partiels obtenus.
213 échantillons ont été
analysés.
- 100 échantillons de fruits et légumes
(85 légumes divers et 15 fruits)
- 71 échantillons de produits à
base de céréales (produits de boulangerie,
viennoiseries, gâteaux, barres de céréales,
pâtes, riz, semoules pour couscous)
- 42 échantillons de produits divers
(chocolats noirs, cafés, chicorées, confitures,
quenelles, produits transformés à base de
pommes de terre).
Résultats
Dans les fruits et légumes, les teneurs
en équivalent toxique de benzo(a)pyrène calculées
sont très faibles. Elles sont inférieures à
0,1µg/kg.
Dans les produits à base de céréales,
les TEQ calculées étaient comprises entre 0,02
et 1,10 µg/kg. Deux produits (un croissant et une barre
de céréale chocolatée ) présentaient
une teneur supérieure ou égale à 1 µg/kg.
Dans les produits divers, les TEQ calculées
étaient comprises entre 0 et 1,16 µg/kg.
Deux échantillons (un échantillon de quenelle
de volaille et un chocolat noir) présentaient une teneur
supérieure ou égale à 1 µg/kg.
Observation : les valeurs citées ci-dessus
ont été calculées en ne prenant en compte
que les teneurs en HAP qui ont pu être quantifiées.
Conclusion
Les données obtenues dans le cadre
de cette enquête complètent celles obtenues lors
d'enquêtes antérieures ayant porté essentiellement
sur des produits séchés et fumés.
Ces éléments ont été
communiqués à l'AFSSA.
Les données seront utilisées
pour établir des courbes de distribution des HAP par
catégorie de produits et permettront, à partir
des données de consommation, d'évaluer les niveaux
d'exposition de la population française.
Les aliments contribuant de manière
significative à l'exposition du consommateur pourront
être identifiés et faire l'objet de limites maximales
en HAP spécifiques.
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