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Le grand ruban
de Guy de Rougemont |
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Tout au long du hall Bérégovoy, se déroule un « ruban » de marbres multicolores assemblés selon un tracé géométrique simple, respectueux de la trame de 9O cm, échelle à partir de laquelle le ministère est construit.
Il s’agit d’une marqueterie de 25 essences de marbres différents, incrustés dans un dallage de pierres (marbre blanc de Carrare ou de Paros, brocatelle lorsqu’il semble imiter le dessin du brocart, cipolin quand il est grisâtre et que ses veines ondulées rappellent la coupe de l’oignon, cipolla en italien, griotte s’il est taché de rouge et de brun, ophite s’il est sombre et rayé comme une peau de serpent, turquin lorsqu’il est bleu).
Le ruban mesure 140 m de longueur sur 3,60 m de large.
Désirant rappeler les pavements des églises italiennes de la Renaissance comme celles de Florence, de Sienne…, Rougemont a intentionnellement introduit dans ce grand ruban une oblique qui a eu pour résultat de dilater l’espace transformant ce long couloir en une vaste galerie.
« Mon intention était qu’au temps arrêté précède le mouvement de l’imaginaire de chacun, qu’au déplacement des pieds s’oppose l’immobilité des marbres. »
Rougemont a, lors de ses recherches sur l’horizontalité, réalisé d’autres sols (le parvis de Bellechasse devant l’entrée principale du musée d’Orsay, le sol de la salle des billets de la station de RER à Noisy-le-grand…).
Il déclare : « La qualité d’un espace se perçoit aussi bien par les yeux que par les pieds. »
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