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A la demande de la section « Economie touristique » du Conseil National du Tourisme, un groupe de travail a été chargé d’élaborer le rapport sur le poids économique et social du Tourisme dans le but de montrer combien l’activité touristique en France constituait un secteur essentiel à la bonne santé de notre économie nationale, alors même qu’il est souvent considéré comme accessoire de cette économie par les divers responsables de ce pays.

Il ne s’agit donc pas à travers ce rapport d’examiner plus particulièrement telle ou telle filière ou d’en montrer les problèmes, pouvant conduire à des recommandations à mettre en oeuvre dans le cadre de politiques publiques. De nombreux rapports ont été menés, tant au sein de l’administration que par le Conseil National du Tourisme à cet effet. Des propositions existent et des programmes ont été mis en oeuvre qui visent à conforter cette activité. Mais le rapport tend à montrer que les enjeux sont d’une autre dimension.
Le choix fait par le groupe de travail a été, en revanche, de souligner combien cette activité par son importance et par l’impact qu’elle peut avoir sur d’autres secteurs d’activités qui lui sont connexes participe à notre performance économique globale et comment elle est inscrite dans le comportement social des Français, qui considèrent le temps des vacances comme un moment privilégié de leur vie et leur attachement à ce droit social que sont les congés payés depuis leur création en 1936.
C’est donc à travers les comptes internationaux et nationaux et les interrelations avec d’autres branches d’activités que les auteurs du rapport ont souligné, tout d’abord, le poids absolu et relatif de ce secteur à partir de quelques grands indicateurs de l’activité économique ; mais les rapporteurs se sont également attachés à faire des comparaisons sur la base de ces mêmes indicateurs avec d’autres branches d’activités qui sont plus souvent mises en avant comme l’aéronautique, l’automobile ou l’agroalimentaire . Ainsi, le montant de la production de services touristiques (84,7 Milliards Euros en 2009), la part de la valeur ajouté dans le PIB ( 41,6 Milliards Euros et 2,4%) qui est bien supérieure à celle d’autres secteurs tels l’énergie (30 €Mds), l’agriculture (30 €Mds), les industries agro-alimentaires (25,7 €Mds), ou l’automobile (11,2 €Mds) ; le nombre d’emplois (1Million d’emplois directs) et d’entreprises (235 000 PME ou TPE pour la plupart avec une croissance annuelle de 1,6% depuis 2000), l’investissement ( 4 €Mds et 1% de la Formation brute du capital fi xe supérieur à celui de l’automobile –3,2 €Mds– ou comparables au bâtiment – 4,1 €Mds) ou encore le fi nancement public de ce secteur.
Ces données figurent dans le compte satellite du tourisme national, (CST) qui est en cours de refonte pour intégrer les normes internationales recommandées par l’OMT. Cette refonte vise à mieux prendre en compte une part des activités de branches connexes ( commerce, bâtiments, transports, activités récréatives et culturelles,.. ) dans le calcul de la valeur ajoutée de la branche tourisme, et d’en exclure une partie concernant la restauration qui ne relève pas de l’activité touristique proprement dite ( environ les 2/3 ). Cela aura pour effet selon une première approche de la part des auteurs, de tripler cette valeur ajoutée dans le PIB.
Le chapitre sur les données de cadrage du tourisme fournit ainsi un éclairage nouveau sur cette activité majeure, pour laquelle l’unité de compte est presque toujours de l’ordre du Milliard d’Euros, tant pour les résultats liés à l’activité internationale (solde positif de 7,8 €Mds) que pour le montant de la consommation intérieure.
La comparaison entre différentes branches d’activités montre également que la branche tourisme se situe
souvent parmi le groupe de tête des activités économiques les plus performantes du pays.
A l’inverse le rapport souligne le faible accompagnement fi nancier de ce secteur au regard des besoins
d’investissements ressentis. Le principal instrument d’aide publique à caractère fi nancier, que constitue
OSEO, détient environ 10% de ses encours actuels dans le tourisme (soit en montant cumulé : 1,2 €Mds). Le tourisme a également été un facteur structurant du territoire français. Par l'extension du tourisme de masse, l'attrait de l'héliotropisme et du littoral, le développement des
sports d'hiver, le tourisme a généré de nombreuses infrastructures et suscité de grands programmes
d'aménagement, tant sur le littoral qu'à la montagne, au cours des décennies 1960 à 1980.
De tels aménagements, objets de grands plans nationaux ont considérablement modifi é l'économie de ces
territoires, grâce aux infrastructures et aux équipements d’accueil réalisés.
Nombre de régions touristiques sont desservies par des voies de communication à haut débit (autoroutes,
LGV, aéroports,..) qui sont souvent saturées en périodes de vacances.
La question posée aujourd'hui, est que le caractère ancien et daté des équipements (notamment en matière
d'hébergements) réalisés il y a plus de 40 ans, va impliquer de réfl échir aux moyens nécessaires pour leur
mise aux normes actuelles dans un contexte de resserrement des crédits publics et privés.
De même les territoires ruraux et urbains par leurs caractéristiques, liées à un tourisme familial, à une
aspiration à retrouver la nature, à une attractivité propre à la ville et à son animation culturelle ou festive,
bénéfi cient pleinement du développement des loisirs de proximité.
En particulier, de grands équipements de loisirs destinés aux clientèles urbaines ont vu le jour au cour des
vingt dernières années, dans des espaces proches des grandes agglomérations.
La campagne, par sa diversité, son caractère authentique, l'importance des paysages et du patrimoine
naturel propre à cet espace est devenu une destination pour de courts séjours ayant une forte attractivité sur
nos voisins immédiats.
Les grandes villes portes d'entrée des clientèles internationales développent de plus en plus d'évènements
festifs, foires, salons et expositions, en visant les visiteurs étrangers à leur territoire pour accroître leur
notoriété entraînant là aussi des retombées conséquentes pour le commerce et l’emploi.
L'économie générale de ces territoires, bien que difficile à cerner en l'absence d'une observation spécifique, est souvent fortement conditionnée par l'activité touristique. Les chiffres que les rapporteurs ont pu obtenir des diverses fi lières touristiques spécialisées sur ces différents espaces montrent que le tourisme tient une place primordiale dans la plupart des régions, variant pour les plus touristiques d’entre elles dans des fourchettes comprises entre 6 à 9% de leur PIB et de leurs emplois.
Au niveau des territoires d'outre-mer, la question du tourisme est pendante, car leur potentiel d'attractivité
est fortement combattu par l'éloignement de leur marché principal, qui est métropolitain, sans qu'ils aient
trouvé un positionnement leur permettant de rivaliser effi cacement avec les destinations proches, souvent
plus compétitives tant en prix qu'en qualité. Le transport est également pour ces territoires un facteur
terriblement contraignant, à un moment où le transport aérien pâtit dans la conscience collective, de sa
contribution au réchauffement climatique.
Cette question du positionnement des territoires d'outre-mer est majeure alors que le tourisme participe
dans la plupart des DOM pour un tiers de leur économie, à égalité avec la production agricole et les services
publics. En 2007, les recettes touristiques pour ces départements se sont élevées à 826 M€ pour 974 M€
pour le secteur agricole.
Le tourisme, vu sous l'aspect des habitudes de consommation, est à la fois un facteur d'équilibre individuel
(le temps des vacances) qu'un facteur d'équilibre social.
Très tôt, les pouvoirs publics, le secteur associatif et les entreprises au travers de leurs comités de salariés,
se sont attachés à faciliter le départ en vacances des français.
Des dispositifs d'aide au départ ont été créés, comme le chèque vacances, qui assurent une certaine égalité
face aux vacances y compris pour les faibles revenus, et font des congés un droit social auquel nos concitoyens
sont très attachés. (19% des partants ont reçu une aide).
Malgré cela, un quart de la population ne part pas en vacances, surtout pour des raisons fi nancières.
Lors de la récente crise économique en 2008-2009, le constat a été fait que les ménages ont réduit d'autres
postes de dépenses pour sauvegarder leur budget vacances, même si à l'intérieur de ce budget des arbitrages
ont été faits au détriment des dépenses touristiques accessoires.
Tous les auteurs constatent une modifi cation profonde des comportements et modes de consommation en
matière touristique au plan national.
Tout d'abord, il semble que le taux des départs ait atteint un niveau diffi cile à dépasser, tenant soit au nombre
de personnes à faible revenu qui ne peuvent plus partir, soit parce qu'il touche des catégories de population
qui partent peu en vacance pour des raisons professionnelles ou personnelles.
Par ailleurs, les départs en court séjour semblent également plafonner car étant le fait principalement des
classes aisées.
Enfin, les nouveaux systèmes de distribution et plus précisément ceux liés à Internet favorisent la
comparaison, le touriste pouvant choisir les solutions les plus avantageuses ou les plus conformes à ses
goûts personnels.
L'attractivité de notre territoire pousse les Français à donner la préférence à un tourisme national (85%), les
Français partant à l'étranger ayant également tendance à se rapatrier sur le territoire national dès que les
conditions économiques, de sécurité ou politiques, se dégradent au niveau international. L'espace français
est devenu un espace de repli, une garantie pour les vacances tant pour les français que pour nos voisins
européens.
Les auteurs du rapport se sont penchés ensuite sur les caractéristiques de l'emploi dans le domaine touristique pour en souligner à la fois l'importance mais aussi les particularités. Par nature le tourisme, en tant que secteur de services est un fort créateur d'emploi (avec une croissance moyenne annuelle de 27 000 emplois depuis 10 ans) et par le faible niveau de formation exigé à l'entrée de la plupart des emplois, un fort secteur d'intégration de jeunes en échec scolaire ou professionnel. Nationalement comme régionalement il est parmi les secteurs qui ont un des taux d'emploi les plus forts. Mais ces emplois sont caractérisés par une forte saisonnalité et un faible niveau de qualifi cation et de rémunération, qui les rendent peu attractifs auprès des jeunes. D'où un fort taux de rotation des personnels et une diffi culté à stabiliser un personnel compétent.
PPhoto © ATOUT FRANCE/Jean François TRIPELON-JARRY
© Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie - 15 février 2011
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