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Questions & réponses sur le plan d'aide à l'Irlande

Les 27 ministres des Finances de l’Union européenne (UE) ont adopté, le 28 novembre 2010, un plan d'aide massif de 85 milliards d’euros à l’Irlande. Ce plan de sauvetage, c’est la réponse de l’Europe aux difficultés que traverse actuellement l’Irlande pour restructurer son secteur bancaire et redresser ses finances publiques. C’est aussi un message fort adressé aux marchés pour montrer que l’Europe est solidaire et déterminée. La France participera pleinement à cet effort de solidarité. Cette assistance n’aura aucun impact sur notre budget : elle prendra la forme de garanties apportées par l’État aux émissions du Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF). Cette solidarité s’appuie sur la confiance dans l’ajustement irlandais, tel qu’il a été négocié entre les autorités irlandaises d’une part, la Commission, la Banque centrale européenne et le FMI d’autre part. Enfin, la crise irlandaise souligne l’importance de l’accord trouvé entre États membres sur le renforcement de la gouvernance économique.

Quelle est l’ampleur de la crise irlandaise aujourd’hui ?

Aujourd’hui, l’Irlande se trouve confrontée à une importante crise de liquidité, d’origine bancaire et budgétaire :

Une crise bancaire : en provoquant l’éclatement de la bulle immobilière, la crise financière a ébranlé le secteur bancaire irlandais. Le plan de redressement de la seule Anglo Irish Bank, nationalisée début 2009, pourrait atteindre 34,3 milliards d’euros !

Des difficultés budgétaires : en injectant près de 50 milliards d’euros de liquidités, l’Irlande a vu son déficit public (32 % du PIB pour 2010) et sa dette publique (90 % du PIB pour 2010 contre 64 % en 2009) croître fortement.

L’Irlande est contrainte d’emprunter à des taux très élevés (~ 9 % contre 2,73 % pour l’Allemagne).

Pourquoi venir en aide à l’irlande ?

Six mois après le plan d’aide de 110 milliards d’euros à la Grèce, les ministres des Finances de l’UE ont adopté,
dimanche 28 novembre, un plan d'aide massif de 85 milliards d’euros à l’Irlande
, qui sera financé de la manière
suivante : 17,5 milliards d’euros par l’État irlandais ; 22,5 milliards d’euros par le FMI ; 22,5 milliards d’euros via un instrument de prêts de l’ensemble de l’UE, garanti par le budget communautaire ; 22,5 milliards d’euros par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) des prêts bilatéraux du Royaume-Uni, du Danemark et de la Suède.

Concrètement, le plan d’aide à l’Irlande poursuit un double objectif :

1/ Redresser les finances publiques de l’Irlande (50 milliards d’euros du plan y sont consacrés) ;
2/ Restructurer son secteur bancaire (35 milliards d’euros du plan, financé à moitié par les irlandais euxmêmes).

La France va-t-elle participer à cet effort de solidarité ?

Absolument ! La France participera pleinement à cet effort de solidarité envers l’Irlande, en apportant sa garantie à un peu plus de 4 des 17,7 milliards d'euros que le FESF doit lever sur les marchés.

Que les choses soient bien claires : il s’agit de 4 milliards d'euros de garantie, sans coût budgétaire pour la France ! En d’autres termes, l’aide que nous apportons à l’Irlande n’aura aucun impact sur notre budget et ne coûtera rien aux contribuables français.

C’est un chèque en blanc fait à l’irlande ?

Pas du tout ! Nous avons pris nos responsabilités en étant solidaires de l’Irlande, mais cette solidarité s’inscrit dans
un programme d’ajustement rigoureux, préparé puis suivi, en toute indépendance par la Commission
européenne, le FMI, en lien avec la BCE
.

L’assistance que nous apportons n’est ni un don, ni une subvention à l’Irlande. Les prêts du Fonds européen sont accordés en moyenne pour 7,5 ans, à des taux voisins de 5,8 %, alignés sur ceux retenus pour la Grèce.

Y-a-t-il un risque de contagion en Europe ?

Il faut comparer ce qui est comparable ! La crise que traverse aujourd’hui l’Irlande est largement due à l’ampleur
de son déficit public.

L’un des objectifs du plan d’aide à l’Irlande, c’est de garantir la stabilité de l’UE et de la zone euro et donc
justement de prévenir toute contagion à d’autres pays européens
.

Quant à la France, elle bénéficie de l’entière confiance des investisseurs qui voit ses titres comme des valeurs
refuges (« flight to quality ») ! Notre pays garde l’entière confiance des marchés et des agences de notation
financière
:

Grâce à la politique économique du Gouvernement, la France a mieux résisté à la crise que ses partenaires
(récession de -2,6 %en 2009 contre -4 % pour la zone euro) et en est sortie plus rapidement (croissance positive
dès le 2ème trimestre 2009). Aujourd’hui, notre pays est au rendez de la reprise, avec une croissance de +1,6 %
prévue par l’INSEE en 2010.

Grâce à une politique volontariste de maîtrise des dépenses publiques, la France s’est engagée dans un effort sans précédent de réduction de son déficit public : notre déficit public passera de 7,7 % du PIB en 2010 à 6 %
du PIB dès 2011 et 3 % en 2013.

Grâce à des réformes structurelles volontaristes, comme la réforme des retraites.

Les fondamentaux de notre économie sont bons : notre économie est diversifiée, nous avons une main d'oeuvre
qualifiée, un système bancaire parmi les plus solides avec les meilleurs ratios et un taux d’épargne privée élevé
(17 %).

Après la crise irlandaise, ne faut-il pas renforcer la gouvernance économique européenne ?

Si, et c’est ce que nous faisons depuis la crise grecque! La crise irlandaise montre que l’Europe doit continuer
dans cette direction et travailler collectivement pour améliorer sa gouvernance économique en renforçant sa discipline budgétaire et en luttant de concert contre les crises
.

Pour renforcer la discipline budgétaire européenne, le Conseil européen de Bruxelles du 29 octobre 2010 a
permis deux avancées majeures
, sous l’impulsion du groupe de travail VAN ROMPUY et des propositions
communes franco-allemandes :

1/ l’instauration d’un « semestre européen », période de six mois (entre mars et juillet) au cours de laquelle les
politiques budgétaires et structurelles des États membres seront chaque année passées en revue ;
2/ L’élargissement de la gamme des sanctions sur le volet préventif et correctif du Pacte de Stabilité et de
Croissance (PSC)
, qui élargit le gouvernement économique à la dette, mais aussi à la compétitivité des États.

Pour lutter plus efficacement contre les crises, les ministres de Finances se sont mis d’accord le 28 novembre
2010 sur un mécanisme permanent de gestion de crise
, qui prendra le relais, à partir de 2013, de l’actuel FESF
(mis en place au printemps dernier pendant la crise grecque). Ce nouveau mécanisme prévoit également une
participation au cas par cas des créditeurs du secteur privé
(banques et fonds d’investissement détenant des
titres de dette des États), en ligne avec la méthode appliquée par le FMI.

 

Les chiffres

32 % : c’est le montant, en % du PIB, du déficit public de l’Irlande prévu en 2010.

85 Mds€ : c’est le montant total du plan d’aide de l’Union européenne et du FMIà l’Irlande.

4-5 Mds€ : c’est la garantie apportée par la France au FESF pour venir en aide à l’Irlande.

 

Verbatim

Christine LAGARDE : « Les Européens, je crois qu'on l'a encore démontré dimanche dans la journée et dans la nuit, sont évidemment solidaires, déterminés, engagés à défendre leur monnaie et leur zone monétaire (…) La France se montrera pleinement solidaire avec l’Irlande, dont le Président de la République a salué les efforts sans précédent. (…) Il faut que nous expliquions et réexpliquions à l'envi qu'il s'agit tout simplement de se mettre en règle dans la durée avec un mécanisme tout à fait analogue de type Fonds monétaire international (FMI), qui ne constitue pas une menace mais un moyen d'organiser les situations de crise. »

François BAROIN : « Depuis la réplique grecque, on a mis en place un fonds européen de stabilité financière, qui est activé. La France et l’Allemagne ont joué un rôle important : Nicolas SARKOZY, Angela MERKEL, ont donné la tonalité, qui ont permis d’entraîner la BCE, la Commission, l’Union européenne… Le plan d’aide à l’Irlande, c’est un plan important qui est de nature à rassurer les investisseurs ».

Pour aller plus loin
sur economie.gouv

Session extraordinaire des ministres des Finances de l'Union européenne dimanche 28 novembre 2010

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© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie - 3 décembre 2010

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