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Une réforme en trois actes

Le sommet de Pittsburgh constitue la troisième étape d'un processus historique de rénovation du système économique et financier mondial, fondé sur des principes de régulation, de transparence et de responsabilité. Objectif : promouvoir un nouveau modèle de croissance soutenable, porté par une instance de coopération et de coordination internationale, le G20.

Christine LAGARDE G20 de Londres

Le mouvement de refondation engagé depuis le G20 de Washington, en novembre 2008, a jeté les bases d’un nouvel ordre financier et économique mondial « où, selon les mots du chef de l’Etat, les banques financent le développement économique plutôt que la spéculation, où plus aucun acteur, plus aucune place financière n’échappe aux contrôles, où l’opacité cède le pas à la transparence, où les modes de rémunération ne poussent pas à des prises de risque inconsidérées où personne n’utilise le secret bancaire pour échapper à l'impôt, un capitalisme, enfin, où ceux qui mettent en danger l'argent des épargnants sont sanctionnés ».

Gérer la crise ...

En bleu, pays membres du G20 - Source CodiceC’est un rendez-vous que la France et l’Europe ont voulu. Dès le début de la crise, et parallèlement à une mobilisation européenne sans précédent, notre pays a plaidé pour que des changements profonds et durables interviennent dans le fonctionnement de la finance internationale. En septembre 2008, à Camp David, Nicolas SARKOZY, alors président du Conseil de l’Union européenne, obtenait du président américain Georges BUSH la tenue d’un sommet réunissant les principales économies de la planète afin que des réponses coordonnées et coopératives puissent être apportées à ce qui apparaissait chaque jour davantage comme une crise d’ampleur mondiale.

Le sommet du G20 de Washington a posé les premiers jalons : des engagements concrets ont été pris, assorti d’un plan d’action et d’un calendrier. À Londres, en avril 2009, des mesures ont été adoptées pour réglementer les « hedge funds » (fonds spéculatifs), identifier et sanctionner les paradis fiscaux, réviser les normes comptables ou encore renforcer la supervision des régulateurs nationaux. Autant de domaines où la France a joué un rôle moteur, à l’échelle européenne comme au niveau du G20.

Avec Pittsburgh, c’est à l’évaluation de ces mesures et à la gestion de l’après crise que les chefs d’États et de gouvernement se sont attelés. « L’objectif est de sécuriser le rebond prévu par le FMI pour 2010, indiquait cet été Christine LAGARDE, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi. À cet égard, les meilleures contributions du G20 à la reprise mondiale seraient la mise en œuvre déterminée de l’effort de relance international, la pleine application des décisions en matière de régulation financière mais aussi la conclusion rapide des négociations du cycle de Doha, sur des bases ambitieuses et équilibrées, en démontrant la priorité accordée aux solutions coopératives pour la sortie de crise».

… et l’après crise

Promesse tenue : les pays membres du G20 ont posé, le 26 septembre, les bases d’un nouvel ordre économique mondial. Ils consacrent le G20 comme la « nouvelle instance de pilotage de l’économie mondiale ». Trois nouveaux sommets sont programmés : deux en 2010 (en juin, au Canada et en novembre, en Corée du Sud) et un en 2011, sous Présidence française. Le Fonds monétaire international (FMI) est conforté dans son rôle de « gendarme » de la stabilité financière mondiale. Il sera chargé d’évaluer les politiques économiques mondiales et de faire des recommandations aux pays qui devront prendre des mesures correctives adaptées.

Le G20 s’est aussi efforcé de renforcer la régulation financière : "Là où l’inconscience et l’absence de responsabilité ont entraîné la crise, nous n’autoriserons pas un retour aux pratiques bancaires antérieures". Il prévoit ainsi un encadrement accru des bonus des traders et des banquiers. Sur ce point, la France a été "entendue ", s’est félicité Nicolas SARKOZY, avec notamment "l’interdiction des bonus garantis au-delà d’un an" ou encore "l’instauration d’un système de bonus-malus". D’une façon générale, le G20 reprend à son compte les recommandations du Conseil de stabilité financière (CSF), l’organe de coordination entre régulateurs financiers et banques centrales, afin de lier la rémunération des banquiers et acteurs de marché aux performances à long terme et non à la prise de risque excessive.

Autre avancée majeure, les sanctions relatives aux paradis fiscaux seront appliquées dès mars 2010. Quant aux règles de Bâle II, elles seront mises en oeuvre à partir du 1er janvier 2011 afin d’assurer une égalité des conditions de concurrence dans tous les pays représentés au Comité de Bâle. Enfin, les pays du G20 réaffirment leur conviction qu’une croissance durable et équitable, respectueuse de l’homme et de l’environnement, est possible et que les efforts sans précédent déployés par la communauté internationale pour sortir de la crise doivent déboucher sur une économie mondiale mieux régulée, un marché du travail équitable et réactif et une croissance plus sobre en carbone.

(1) Allemagne - Afrique du Sud - Arabie saoudite - Argentine - Australie - Brésil - Canada - Chine - Corée du Sud - Etats-Unis - France - Inde - Indonésie - Italie - Japon - Mexique - Royaume-Uni - Russie - Turquie - Union européenne

Les dates clés

2008

15 septembre 2008 : Faillite de la banque américaine Lehman Brothers.
25 septembre : Le président Nicolas Sarkozy appelle à la      création d’un nouvel ordre financier international.
10 octobre : Le G 7 adopte un plan d’action international qui vise à assurer la viabilité du système financier.
12 octobre :  À l’initiative de Nicolas SARKOZY, adoption à Paris d’un plan anti-crise européen.
13 octobre :  Le gouvernement français présente son « Plan pour assurer le financement de l’économie et restaurer la confiance ».
17 octobre :  Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, installe le Conseil d’administration de la Société de financement de l’économie française (SFEF).
23 octobre : Le chef de l’État annonce la tenue de la réunion du G20 ainsi que la mise à disposition de 26 milliards d’euros de prêts pour assurer le financement des PME françaises.
15 novembre : Le G 20, réuni à Washington, confirme son intention d’agir rapidement pour répondre au ralentissement économique mondial et publie sa feuille de route.    
20 novembre : Nicolas SARKOZY annonce la création d’un Fonds stratégique d’investissement (FSI).
2 décembre : Les chefs d’États européens approuvent un plan de relance d’un montant de 200 milliards d’euros.
4 décembre : Le président de la république annonce un plan de relance de l’économie française de 26 milliards d’euros.  

Voir aussi

Les suites du sommet de Pittsburgh

© Ministère de l'Économie, de l'Iindustrie et de l'Emploi - 23 septembre 2009 - actualisé le 10 novembre 2009

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